Comment investir comme un paresseux

Votre motivation pour devenir frugaliste : travailler moins pour vivre mieux. Le « travailler plus pour gagner plus » n’est pas (plus ?) votre tasse de thé. Bonne nouvelle : ce slogan ne s’applique pas toujours aux placements financiers. Alors, ne consacrez pas vos journées à gérer vos finances et découvrez la stratégie de l’investissement paresseux.

Selon Warren Buffet, il existe deux méthodes pour réussir ses investissements en bourse : consacrer 6 à 7 h par jour pour éplucher les comptes rendus d’activité des entreprises ou acheter des fonds indiciels. Il a choisit la première et cela lui a réussi. Mais êtes vous prêts à consacrer autant de temps à la gestion de vos placements. En tant que frugaliste, vers laquelle penchez-vous  ?

La méthode du « lazy investing » s’est particulièrement développée aux Etats-Unis. En témoigne l’engouement pour les ETF, ces fonds indiciels cotés. Elle fait également de plus en plus d’adeptes en Europe. Ainsi, l’AMF relève que 147 000 particuliers ont passé au moins un ordre d’achat ou de vente d’ETF au 1er trimestre 2020, puis 109 000 au 2e trimestre (à comparer à une moyenne de 72 000 investisseurs actifs par trimestre en 2018, et de 86 000 en 2019).

Ce succès conduit à un foisonnement de produits, sous l’impulsion des services marketing des émetteurs. Certains se sont fait récemment taper sur les doigts par l’AMF en particulier pour une utilisation jugée abusive du label « ISR ».

Dès lors, comment s’y retrouver dans cette nouvelle jungle ? Comme souvent, le mieux est de faire simple. Pourquoi ne pas adopter la tactique du paresseux ?

Investissez comme un paresseux

Mimétisme animal

Le métabolisme du Paresseux est deux fois inférieur à celui des autres mammifères. Il se déplace très lentement : moins de 10 m à la minute dans les arbres. Le paresseux a une espérance de vie d’environ 30 à 50 ans. On le rencontre très fréquemment dans tout le Costa Rica, pays de la « pura vida ».

Paresseux dans un arbre
La stratégie du paresseux : je m’y accroche !

Jan Longeval, dans son livre Dieux ne joue pas aux dés avec la Bourse, estime que « les gens sont fondamentalement paresseux ». Dès lors, comment composer avec ce penchant pour réussir ses investissements ?

Définition du « lazy investing »

La stratégie du « lazy investing » consiste à investir dans des fonds indiciels, les ETF. L’investisseur lazy cherchera à limiter le nombre de transactions (achats, ventes, arbitrages)

Avantages du « lazy investing »

Les avantages de cette méthode découlent des  atouts des fonds indiciels, qui sont généralement :

– bien diversifiés par construction : en achetant un ETF, vous investissez en un clic dans des dizaines, des centaines, voire des milliers de valeurs différentes,

– peu chargés en frais (couramment 5 fois moins que les fonds gérés activement) ; cet aspect est fondamental en périodes de taux d’intérêt faibles et de performances faibles.

Le ticket d’entrée est modique car leur valeur unitaire est généralement accessible. Cependant, ils se négocient comme des titres, il convient donc de prendre en compte les tarifs de votre courtier.

Enfin, le lien affectif  est moins marqué que pour des « titres vifs ». Si certains s’attachent à leurs actions LVMH, c’est a priori moins évident pour une ETF nommé Xtrackers ATX UCITS ETF 1C. Cela a pour effet bénéfique de limiter les biais dans les décisions d’investissement.

Limites

Composition des indices

Les indices comportent parfois  quelques biais, y compris les indices « larges ». Il s’agit notamment de surpondérations liées à leur composition, ou à l’évolution des valeurs des actifs qui les composent. Par exemple, les technologies de l’information pesaient 28 % de l’actif du S&P500, indice regroupant environ 500 grandes entreprises cotées  américaines.

Par ailleurs, les indices visant une large couverture mondiale n’incluent pas de petites valeurs qui se sont pourtant avérées performantes dans la durée.

Quant aux fonds indiciels de petites valeurs, il convient d’être particulièrement attentif à leur composition. Ainsi, les quelques ETF ciblant l’éligibilité au PEA-PME se sont révélés peu performants. La présence de sociétés de biotechnologie très volatiles a pu être à l’origine de ces piètres performances.

Risque de change

Dans la sélection des ETF, la devise est également à prendre en compte. En effet, si l’ETF cote dans une autre devise (dollar américain par exemple pour certains indices MSCI), vous serez exposé au  risque de change.

Risque de faillite du gestionnaire ou des intermédiaires

Si vous investissez une part significative (supérieure à 5%) de votre patrimoine financier dans ces supports, vous aurez tout intérêt à avoir recours à plusieurs gestionnaires et intermédiaires. Il s’agit de se prémunir du « risque de contrepartie ». Ainsi, vous limiterez la casse en cas de faillite de l’un d’eux.

Moins stimulant intellectuellement

L’investissement dans des paniers de valeurs parait certes moins motivant que de sélectionner soi-même de « belles valeurs ». Pour flatter votre égo, vous pouvez toutefois vous préserver un « bac à sable », de taille limitée (30 % au maximum de vos actifs financiers dans un premier temps, à mon sens) pour tester vos talents d’investisseur.

Vous ne choisissez pas les valeurs …

… en fonction de vos valeurs. Certes, certains ETF adoptent le label ISR ou d’autres référentiels en matière de « finance responsable ». Pourtant, selon une étude de Reclaim Finance portant sur 442 fonds commercialisés en France, 86 % de ces fonds contribuent  au financement d’entreprises considérées comme nocives

Mise en œuvre de la stratégie du paresseux

Conseils généraux

Investissement progressif

Il est conseillé d’investir progressivement. Par exemple, investir une même somme tous les mois vous permettra de lisser vos prix de revient.

Allocation cible

De même, il est préférable de se fixer une allocation cible afin de s’assurer d’une bonne diversification. Des rééquilibrages seront envisagés à une fréquence faible (tous les ans par exemple) afin de ne pas générer de frais de transaction trop élevés.

Comment sélectionner les ETF ?

Pour choisir vos ETF, les critères principaux sont :

  • les frais
  • les encours : privilégiez les encours conséquents (supérieurs à une centaine de millions d’euros). Sinon, le risque est que le fond ferme ou soit restructuré.
  • l’accessibilité : pouvez-vous le négocier auprès de votre courtier habituel ? A noter que pour les frugalistes (et autres investisseurs) européens, la réglementation a restreint l’univers des ETF. Les ETF accessibles sont « UCITS » et doivent proposer le document DICI dans la langue de l’investisseur.

Veillez également à :

  • diversifiez les gestionnaires et intermédiaires afin de réduire le risque en cas de défaillance de l’un d’eux
  • varier les type de réplication : physique (les titres composant l’indice sont détenus) ou synthétique (contrat de « swap » avec une contrepartie).

Pour les gros portefeuilles, il vaudra mieux répartir les actifs sur plusieurs supports.

Selon votre profil de paresseux

Profil paresseux premium

Vous avez mieux à faire que de perdre votre temps avec des questions d’argent ? Oui au frugalisme, mais pas au prix du stakhanovisme pourrait-être votre slogan ? Vous vous reconnaissez dans ce profil de “paresseux premium” en matière d’investissement ? Voici à quoi pourrait ressembler votre poche actions :

CatégorieIndiceNom de l’ETFCode ISINFrais %  PEA
Actions internationalesFTSE All-WorldVanguard  FTSE All-WorldIE00B3RBWM250,22Non
Avantages

L’indice FTSE All-World est large puisqu’il compte 3 900 valeurs (pour le « copier » l’ETF en détenait 3 462 à fin octobre 2020). Il s’agit  de grandes et moyenne valeurs réparties dans 50 pays, développés et émergents

Points d’attention

En investissant sur un seul support, vous prenez un risque de contrepartie. Pour le limiter, vous pouvez opter pour un deuxième support semblable

Compléments ou alternatives
CatégorieIndiceNom de l’ETFCode ISINFrais %  PEA
Actions internationalesACWI IMISPDR MSCI ACWI IMI UCITS ETFIE00B3YLTY660,40Non
 Actions internationalesACWILyxor MSCI All Country World UCITS ETFLU18292202160,45Non

L’indice MSCI All country World Index (ACWI) Investable Market Index (IMI) est un indice très large puisqu’il compte près de 9000 constituants, répartis dans 23 pays développés et 26 émergents. Il couvre les grandes, moyennes et petites  valeurs. Selon MSCI, il couvre 99 % des actions mondiales.

L’indice ACWI, lui n’inclut pas les petites valeurs américaines et européennes.

Option dividende

Intéressé par les  dividendes, voici une ETF qui peut répondre à cette stratégie :

CatégorieIndiceNom de l’ETFCode ISINFrais %  PEA
Actions internationales dividendesFTSE All-World High Dividend YieldVanguard FTSE All-World High Dividend YieldIE00B8GKDB100,29Non

Profil paresseux standard

Pour ce profil « cœur » de paresseux, une gestion limitée à 2 ETF est préconisée :

CatégorieIndiceNom de l’ETFCode ISINFrais %  PEA
Actions internationalesMSCI WorldAMUNDI MSCI WORLD UCITS ETFLU16810435990,38Oui
Actions émergentesMSCI Emerging MarketsAMUNDI ETF PEA MSCI EMERGING MARKETSFR00134120200,20Oui
Points d’attention

L’indice MSCI World est actuellement exposé à hauteur de 67 % sur les Etats-Unis et à 22 % sur les technologies de l’information.

Alternatives

Voici des ETF alternatifs pour couvrir l’indice MSCI Word :

CatégorieIndiceNom de l’ETFCode ISINFrais %  PEA
Actions internationalesMSCI WorldSPDR MSCI World UCITS ETFIE00BFY0GT140,12Non
Actions internationalesMSCI WorldLyxor PEA Monde  UCITSFR00118693530,45Oui

Le dernier est éligible au PEA, mais ses frais sont un plus élevés que les autres et l’encours sous gestion est limité à 53 M€.

Courbe comparant les indices  MSCI World et MSCI ACWI
Peu d’écart entre les indices MSCI World et MSCI ACWI

Profil semi-paresseux

Pas si paresseux que cela ? Ajoutons donc deux ETF pour couvrir les petites valeurs américaines et européennes.

CatégorieIndiceNom de l’ETFCode ISINFrais %  PEA
Actions internationalesMSCI WorldSPDR® MSCI World UCITS ETFIE00BFY0GT140,12Non
Actions émergentesMSCI Emerging MarketsAMUNDI ETF PEA MSCI EMERGING MARKETSFR00134120200,20  Oui
Actions américaines petites valeursRussell 2000 IndexAMUNDI RUSSELL 2000 UCITS ETF – EUR (C)LU1681038672  0,35Oui  
Actions européennes petites valeursMSCI EUROPE SMALL CAPS SRI S-Series 5% Capped (NTR)BNP PARIBAS EASY MSCI EUROPE SMALL CAPS SRI S-SERIES 5% CAPPED – EURLU12911015550,25Oui

Les plus besogneux.euses , ou celles et ceux possédant les plus gros patrimoines, pourront envisager de se créer leur propre poche World à partir de plusieurs ETF comme :

CatégorieIndiceNom de l’ETFCode ISINFrais %  PEA
Actions américainesS&P 500BNP PARIBAS EASY S&P 500FR00115501850,15Oui
Actions américainesS&P 500AMUNDI ETF PEA S&P 500FR00134122850,15  Oui
Actions Asie hors JaponFTSE Developed Asia Pacific ex JapanVanguard FTSE Developed Asia Pacific ex JapanIE00B9F5YL180,15Non
Actions japonaisesTopixAMUNDI ETF PEA JAPAN TOPIXFR00134119800,20Oui

Avantages : diversification des gestionnaires et possibilité de loger une partie dans le PEA, tout en limitant les frais moyens de cette poche.

Inconvénients : la gestion perd de son caractère paresseux.

Pour travailler la stratégie du paresseux

Outils

Sélecteurs d’ETF

Just ETF

Commencez par sélectionner votre pays à gauche du bandeau supérieur. Rendez-vous ensuite dans la  rubrique ETF screener  pour effectuer vos recherches

Quantalys

Un moteur de recherché accessible depuis  le menu Fonds / Espace ETF.

Un mode de recherche avancée permet d’avoir accès à plus de critères. Consultez la documentation.

Boursorama

Vous pouvez sélectionner des ETF à partir du menu Bourse > Trackers-ETF>Palmarès.

Des critères supplémentaires sont accessibles en cliquant sur + de critères.

Screener d'ETF de Boursorama
Le screener d’ETF de Boursorama

Traquer les écarts de réplications

Trackinsight

Petite librairie de l’investisseur paresseux

  • Créer et piloter un Portefeuille d’ETF, Edouard Petit, 2017
Millionnaire avec la strategie du paresseux

Christopher Klein, janvier 2019


Dieu ne joue pas aux dés avec la Bourse

Jan Longeval

Frugaliste : combien de temps consacrer à ses placements ?

La plupart des français ne s’occupent pas de leur argent et le laissent dormir sur les comptes courant et sur le livret A. Pour devenir frugaliste et atteindre l’indépendance financière, il faudra procéder autrement ! Et consacrer un peu de temps à ses investissements.

Réveil rouge et billets euros
150 € à placer ? Combien de temps y consacrer ?

Gérer l’argent durement gagné mérite un petit effort supplémentaire

Les Français s’intéressent peu à la gestion de leurs finances

Selon la Banque de France, un tiers de l’épargne financière des ménages était  « placée » dans les comptes à vue et les livrets bancaires au 2ème trimestre de 2020. C’est vrai que les « bons placements » ne courent pas les rues en cette période de taux bas. Mais cette proportion élevée témoigne d’un désintérêt des Français pour la gestion de leur patrimoine financier. Il est vrai que l’éducation n’est pas incitative : pas de cours spécifiques à l’école et les questions d’argent constituent souvent des tabous.

« Faute à pas le temps » ? Pourtant les français passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux, hameçonné par leurs algorithmes addictifs. Tous âges confondus, les Français se connectent en moyenne 2 heures et 12 minutes par jour. Environ un tiers de l’usage d’internet est consacré aux réseaux sociaux. Face à cela, une approche rationnelle consisterait à ne pas succomber à cette addiction et allouer un peu de temps à l’étude d’investissements, le cas échéant des actions Facebook (AMF : attention, ceci n’est pas un conseil d’achat).

Citation

Celui qui veut réussir ses investissements trouve un moyen, celui qui ne veut rien faire trouve une excuse et va sur Facebook.

Proverbe français adapté

Un effort marginal pour faire fructifier de l’argent durement gagné

grappe de raisin noir
Reste encore un peu de travail …

Pour le vigneron ou la vigneronne, l’essentiel du travail est réalisé lors de la culture des vignes et de la récolte des raisons. Pour autant, il n’est pas raisonnable d’abandonner le breuvage à son sort. Certes, on peut en boire ; avec modération, une petite partie. Mais il faudra surtout s’attacher à bonifier les hectolitres restant.

L’épargnant devra agir de façon similaire. Il devra s’attacher à faire fructifier son épargne, avec rigueur et précision.

Frugaliste, votre motivation sera s’atteindre l’indépendance financière

"Motivation" écrit sur ardoise
Motivation du frugaliste : l’indépendance financière

Consentir à faire des efforts, c’est plus facile lorsque l’on est motivé. Pour le frugaliste, l’objectif sera de d’accéder à la liberté financière. Pour y parvenir, le/la frugaliste ne pourra pas se contenter de ne rien faire, c’est-à-dire :

  • Laisser son argent sur ses comptes courants et livret A ;
  • Considérer sa résidence principale comme le seul investissement d’une vie.

Courbe temps / argent
L’excitation monte avec le temps l’argent

Le frugaliste devra, à mon sens, nécessairement acquérir une culture financière minimale afin d’avoir une vision stratégique de ses investissements. De même, il devra se forger une expérience dès la phase d’épargne. Ainsi, il pourra repérer rapidement les bons investissements et éviter les chausse-trappes.

Comment calibrer le temps alloué à ses investissements ?

Arbitrage nécessaire avec la vie familiale, les loisirs

Balance entre temps et argent
Trouver le bon équilibre …

La gestion de vos finances ne doit pas (trop souvent) prendre le pas sur vos autres activités : vie familiale, loisirs.

Un arbitrage sera nécessaire selon goûts et votre intérêt pour le domaine financier. Le temps passé sera également différent en fonction de votre situation : activité et phase d’épargne ou sans activité rémunérée  et gestion de rente.

Libérer du temps pour gérer son argent

Pour les décisions relatives aux « gros » investissements

Avez-vous remarqué que les gens sont capables de consacrer du temps à comparer les prix avant d’acheter des biens de consommation courante (appareils électroniques  par exemple). Les mêmes sont parfois prêts à investir l’épargne de toute une vie le jour même pour ne pas « louper la bonne affaire ». Sous la pression parfois d’un agent immobilier qui répète à l’envi « si vous ne signez pas avant ce soir, vous risquez de rater ce bien. Vous savez, j’ai encore de nombreuses visites ».

Jeu Monopoly
J’achète tous les hôtels !

Or des vérifications minimales sont indispensables pour les investissements de montants élevés.

Pour un bien immobilier, il faudra par exemple vérifier :

  • L’état des risques et pollutions ;  s’il fait apparaitre des risques significatifs, par exemple en matière d’inondations, il conviendra d’approfondir la question en consultant le plan de prévention du risque d’inondation du département.
  • Le montant des charges de copropriété et le paiement des travaux votés ou susceptibles de l’être ; demander pour cela au propriétaire les procès-verbaux des dernières assemblées générales des copropriétaires.
  • l’évolution prévisible du quartier et les servitudes publiques ou les contraintes d’urbanisme qui s’appliquent au bien ; ces renseignements peuvent être obtenus auprès du service de l’urbanisme de la commune.

Pour un bien mobilier (placement financier), un examen complet est là aussi nécessaire en recherchant des informations :

  • sur le placement et sur l’intermédiaire financier (commencer par chercher dans votre moteur de recherche préféré le nom du placement + arnaque, puis complétez vos investigations, le cas échéant, sur les listes noires et mises en garde de l’AMF ) .
  • dans la presse financière ;
  • sur des investissements présentant des caractéristiques similaires, pour vous assurer que le placement visé soutient la comparaison ;
  • concernant les aspects juridiques et fiscaux du placement ;
  • relatives aux frais qui vous seront appliqués et les modalités de rémunération des gestionnaires ou intermédiaires

En fonction de la complexité du projet, une période d’examen de 2 à 4 semaines s’avère généralement nécessaire.

Par ailleurs, si vous avez déjà acquis votre résidence principale , examinez la possibilité d’emprunter pour investir, afin d’activer le levier du crédit.

Pour la gestion courante

Vous travaillez durement, au moins 35 h par semaine pour obtenir un revenu. Dès lors, il parait rationnel de consacrer un peu de temps à la gestion de cet argent gagné. Partons sur 5 % de votre temps de travail. Cela représenterait soit 1h45 par semaine. Arrondissons à 2h car vous travaillez certainement plus que 35 h par semaine. Vous pourriez- par exemple répartir cette durée sur deux séances : une en semaine et une le week-end.

Encore trop pour vous ? Il existe des solutions pour déléguer votre gestion.

Pour le patrimoine immobilier, vous pouvez confier la gestion de vos biens à une agence immobilière et/ou opter pour des SCPI diversifiées. Quant aux biens mobiliers (actions, obligations, …), les fonds et ETF offrent la possibilité de limiter vos actes de gestions. Pour les ETF, le temps consacré à la gestion peut même être limité à quelques minutes par mois, selon les promoteurs de la méthode lazy investing (investissement paresseux).

Peut-être que vous connaissez une personne de confiance exerçant dans le domaine des finances sur qui vous pourrez compter pour gérer vos biens ou vous conseiller. Attention toutefois  à ne pas se fâcher avec elle pour un différend financier …

Même si vous décidez de déléguer tout ou partie de la gestion de votre patrimoine, il demeure préférable de jouer le rôle de chef d’orchestre et de conserver une vision d’ensemble. Cela suppose d’acquérir et d’entretenir une culture financière et fiscale, ce qui nécessitera un minimum d’investissement en temps. Vous pourrez ainsi valablement discuter avec les gestionnaires.

Investir : le plus tôt sera le mieux

Vous avez intérêt à investir le plus tôt possible : votre argent et aussi un peu de votre temps pour bâtir votre patrimoine sur des fondations solides. Mieux vaut faire travailler votre argent le plus tôt possible que d’avoir à travailler trop longtemps pour un patron… Ces efforts vous permettrons peut-être un jour d’avoir la liberté de travailler moins, ou de dire “au revoir patron” !

"Au revoir" dans toutes les langes
Pour dire ‘au revoir” dans une multinationale

Comment bien diversifier ses placements de frugaliste ?

Pour devenir frugaliste, vous devrez atteindre l’indépendance financière. Elle-même repose à la fois sur la maîtrise des dépenses et une bonne gestion des placements financiers. Pour cela, il parait nécessaire d’appliquer une règle d’or de l’épargne : la diversification.

oeufs dorés
Règle d’or : ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Wes Thompson/Corbis / Photononstop

Sommaire de l’article

Une règle connue mais pas toujours appliquée

panier et oeufs renversés
J’aurai dû y penser avant !

Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Malgré cet adage largement connu, certains investisseurs, qui s’occupent directement de leur placements ne mettent pas pleinement en œuvre cette règle de diversification. C’est le cas de « passionnés de l’immobilier », qui multiplient les acquisitions dans leur quartier. En concentrant leurs investissements, ils concentrent également le risque. Ou même de « grands investisseurs » comme Warren Buffet qui s’est montré partisan de « mettre tous ses œufs dans le même panier mais de surveiller le panier de très près ».

En outre, des études de finance comportementale montrent que les épargnants pratiquent rarement une diversification efficace pour leurs placements.

Pourquoi diversifier ?

La diversification est un moyen, pas une fin

Tout d’abord, précisions que la diversification des actifs ne constitue pas une fin en soi. En tant que frugaliste, on ne va pas investir pour avoir un beau portefeuille, bien diversifié. On va plutôt investir pour atteindre ses objectifs de frugaliste (retraite anticipée notamment), au moyen de la diversification.

Diversifier pour réduire les risque sans réduire l’espérance de gain

Dans un monde imprévisible, même les meilleurs experts, économistes ou financiers, se trompent. Toutefois pas systématiquement, et prendre des décisions inverses aux leurs, n’est pas toujours une garantie de succès …. Il faut alors admettre l’hypothèse que l’avenir est imprévisible, en particulier en matière de placements financiers. Dès lors, la seule façon de réduire le risque lié à l’incertitude quant à l’avenir est de combiner plusieurs placements.

Selon la Théorie Moderne du Portefeuille, la diversification permet de diminuer le risque sans altérer la rentabilité espérée. Le niveau de risque peut se mesurer mathématiquement. Ces calculs montrent que un plus un n’est pas égal à deux : le risque présenté par la combinaison de deux actifs peu corrélés est inférieur à la somme des deux risques et, bien souvent, au risque de chacun des actifs considérés isolément.

Pour illustrer cela, Jean-François de Laulanié, dans son ouvrage « Les Placements de l’Epargne à Long Terme » compare, sur la période 1995-2015 un portefeuille composé à 100 % d’obligations françaises avec des portefeuilles comportant des « zestes » d’actions (de 5 à 20 %) pour 80 à 95 % d’obligations. Ces derniers portefeuilles se caractérisent par des volatilités annuelles moindres (indicateur représentatif du risque). En effet, quant une classe d’actif sous-performait, l’autre pouvait connaitre meilleure fortune et réciproquement. A noter également que ces portefeuilles, bien que présentant des risque amoindris, offraient des performances moyennes annuelles supérieures.

Diversifier pour optimiser la disponibilité des capitaux

Le frugaliste compte sur ses placements pour assurer durablement son mode de vie. Dès lors, les liquidités doivent être disponibles en cas de besoin. La diversification doit justement permettre d’augmenter la disponibilité de ses capitaux, indépendamment des cycles économiques ou des accidents de parcours de tel actif considéré isolément.

Voir à ce sujet la méthode de l’investissement par poche.

L’horizon de temps constitue un paramètre fondamental. Plus vous avez le temps, plus vous pourrez vous permettre d’investir dans des actifs dont la valeur fluctuent (plus volatils) et donc plus risqués mais a priori plus rémunérateurs dans la durée.

Si vous êtes dans votre phase d’épargne,  vous devrez fixer une échéance. Par exemple votre année de départ à la retraite anticipée.

Si vous êtes déjà frugaliste et rentier, alors vous devrez estimer précisément vos dépenses pour bien anticiper vos besoins et ne pas être obligé de casser prématurément les œufs qui sont dans votre panier de placements. Pour éviter cela, vous aurez avantage à investir par poche.

Comment diversifier ses placements ?

Panacher plusieurs types d’actifs et de supports

Une diversification efficace nécessite de panacher les classes  d’actifs : actions, obligations, immobilier, placements monétaires.

Il est également fortement conseillé de varier les « produits supports » à ces actifs : comptes titres, assurance vie. Vous diminuerez ainsi les risques de contrepartie (défaut d’un établissement bancaire par exemple) et les incidences des changements de fiscalité (dont la probabilité de survenue est  loin d’être négligeable en France).

Par exemple,  vérifiez que vos assurances vies ne sont pas souscrites auprès du même assureur ; et veillez à ne pas (trop) dépasser les plafonds du fonds de garantie des dépôts pour les banques et assureurs.

En outre ne négligez pas l’épargne réglementée. Elle n’est pas toujours bien considérée car perçue comme peu rémunératrice (surtout par certains organismes financiers). Or, elle constitue une source de diversification et de stabilisation de votre patrimoine. Elle peut même offrir  une « assurance ».

Livrets d'épargne reglementée
Capitaine Epargne,  Kotoyamagami – Fotolia

Par exemple, les  vieux plans d’épargne logement (PEL) présentant des taux de 2,5 % voire 3,5 % constituent filet de sécurité en cette période de taux bas. A conserver précieusement donc (même si votre établissement vous incite à le clôturer).

Enfin, en bon frugaliste, il convient d’être particulièrement attentif aux frais prélevés sur vos placements (notamment de gestion pour l’assurance vie, qui pénalisent le rendement sur le long terme).

Gestion directe, déléguée, ETF, fonds ?

Vous n’avez pas de temps à consacrer à vos placements ?

horloge et pièces de monnaie
Frugaliste, consacre du temps à ton argent. pixabay.com

C’est plutôt embêtant car en tant que frugaliste, vous avez intérêt à développer une culture financière pour gérer vous-même vos placements. Même si vous êtes absorbé par votre travail (en phase d’épargne) ou vos activités choisies (en phase de rente), vous avez intérêt à consacrer un peu de temps (au moins une heure par semaine) à la gestion de vos actifs financiers.

Pour limiter les temps passé, vous pourrez avoir recours aux « placements collectifs » comme les SCPI dans l’immobilier ou les ETF et fonds pour les valeurs mobilières (actions, obligations).

Vous disposez de temps et souhaitez gérer directement vos placements ?

Dans ce cas, vous pouvez gérer un portefeuille d’actions, d’obligation et /ou un parc immobilier en direct.

Vous pouvez également panacher ces méthodes ?

Vous pouvez également opter pour un panachage de ces différentes méthodes de gestion. Par exemple, pour les actions, détenir des ETF qui suivent les indices, des fonds choisis pour leurs performances dans la durée et gérer vous-même une dizaine de lignes d’actions pour lesquelles vous avez des convictions fortes.

Quelques principes et dimensions de la diversification

Le risque se réduit rapidement en augmentant le nombre de ses actifs

Par exemple, le risque diminue rapidement avec le nombre de titres détenus dans un portefeuille.

Ainsi, avec 10 titres, vous atteignez 85 % du potentiel d’élimination du risque grâce à la diversification. Avec 20 titres, vous parvenez à 98 % du potentiel de réduction de risque.

Diversification géographique

Y a pas que le CAC 40 sur terre. Pixabay

Il est préférable de ne pas se contenter d’investir uniquement dans votre pays ou région. Cela constitue un biais de familiarité qui peut se révéler préjudiciable si ce secteur géographique est confronté à un revers économique. Pour autant, cette diversification n’est pas une garantie car la globalisation financière (comprenant la libre circulation des capitaux) entraine des mouvements conjoints des actifs financiers à travers le monde. C’est ce que Patrick Artus nomme le « cycle financier mondial » dans son ouvrage Discipliner la finance.

Diversification sectorielle

Autre erreur d’investissement à éviter: se limiter à un secteur, même si vous le connaissez bien. Par exemple lié à votre activité professionnelle ou à vos centres d’intérêt. A ce titre, l’épargne salariale doit être utilisée avec précaution, comme l’indique Mickaël Mangot.

De même, il ne faut jamais investir trop largement dans les actions d’une seule entreprise (même si vous êtes confiant et que vous la connaissez bien puisque vous y travaillez). De plus, si vous travaillez dans cette entreprise, vous augmentez votre  risque car vous liez emploi et placement.

Attention, ce principe doit s’appliquer même pour une société réputée sure.

Ainsi, Général Electric, comptait parmi les plus grandes capitalisations boursières mondiales. Ce conglomérat diversifié (énergie, aéronautique, santé, …) était le symbole de la « World Company ». Pourtant, son cours de bourse a été divisé par plus de 3 depuis 2016 et ne s’est pas rétabli à la date de publication de cet article. De même, Airbus a été longtemps considérée comme une valeur inoxydable, portée par la croissance de l’aéronautique.

Avant février 2020, qui pensait qu’Airbus ne monterait pas jusqu’au ciel ?

Diversification par taille

Pour un parc immobilier, varier les surfaces présentera un intérêt car la demande varie entre studios et 4 pièces. De même, pour les actions, les cours des petites et grandes valeurs connaissent des phases de décorrélation.

Diversification par type de gestion

De nombreux investisseurs distinguent ces dernières années la gestion growth (sélection de « valeurs de croissance ») du style value (sélection d’actifs décotés).D’autres ont trouvé un compromis sous la forme de la gestion growth at reasonable price (GARP), soit la sélection de valeurs de « croissance à prix raisonnable ».

Erreurs à ne pas commettre et limites de la diversification

Si le risque diminue avec le nombre d’actifs, pourquoi ne pas en détenir une infinité ? Multiplier les actifs se heurte à plusieurs limites.

Eviter le saupoudrage et la dispersion

Tout d’abord, la multiplication des actifs va se heurter à des limites. En particulier, dans le secteur immobilier, même si vous achetez des studios ou des parkings, vous serez limités par votre capacité d’investissement.

Les frais de transaction seront également un facteur limitant à prendre en, compte. C’est les cas dans l’immobilier avec les « frais de notaire » mais également pour la gestion de portefeuille : la gestion des « petites lignes » s’accompagnent généralement de frais de gestion proportionnellement plus élevés, en raison de la structure tarifaire des courtiers. Pour éviter cela, Gérald Autier propose une règle dans son ouvrage Savoir investir.

Elle consiste à diversifier chaque classe d’actifs de cinq manières différentes selon les dimensions de la diversification. La classe d’actifs immobiliers peut être diversifiée par exemple selon le type de biens, le lieu géographique, la taille du bien, la sous-classe d’actifs, le type de détention. Nous aurions ainsi l’objectif de diversification suivant :

  • Bien 1 : appartement Paris, 150 m² immobilier résidentiel, détenu en direct.
  • Bien 2 ; studio Espagne, 30 m² immobilier résidentiel, détenu en direct.
  • Bien 3 : Local commercial. Province, 70 m² immobilier commercial, détenu en société civile immobilière.
  • Bien 4 : Parts de fonds immobilier, New York, au prorata de la détention, immobilier entreprise et résidentiel, détenu sous forme de part.

Attention aux corrélations

Vous construisez votre portefeuille en prenant soin de diversifier les secteurs d’activités. Une précaution est toutefois nécessaire : s’assurer de l’absence de corrélation positive entre vos actifs.

Vous pourrez même être tenté de  rechercher des corrélations négatives. Par exemple une compagnie pétrolière et une compagnie aérienne.

nageuses synchronisées
Source : cours de Finance (M1) – Ecole de Management Sorbone

Toutefois, les corrélations entre actifs ne se révèlent pas stables dans le temps.

Il existe en effet des cycles de corrélations positives ou négatives. Ainsi, J.F. de Laulanié fait apparaitre dans son ouvrage « Les Placements de l’Epargne à Long Terme » des : corrélations presque toujours positives entre obligations et actions françaises depuis 1900 alors qu’une corrélation négative est observée entre 2000 et 2015.

Changer trop souvent de stratégie

Se montrer trop versatile compte parmi les erreurs à éviter. En effet, changer sa stratégie de gestion conduit à augmenter les frais de gestion de ses actifs. En effet, la reconfiguration de vos actifs entrainera des frais de transaction.

Conclusion : frugaliste, veille à la diversification

La diversification s’avère nécessaire pour limiter les risques de ces placements et augmenter vos chances de disposer de vos capitaux lorsque vous en aurez besoin en tant que frugaliste. Pour autant, le principe de diversification et les méthodes associées ne sont pas suffisants pour garantir le succès de vos placements. De plus une diversification efficace n’est pas acquise dans la durée et peut se révéler plus compliquée à réaliser durant certaines périodes.

Quels sont les meilleurs placements pour devenir frugaliste ?

Le projet de l’adepte du frugalisme repose généralement sur l’indépendance financière. Il s’agit de se construire un retraite (très) précoce afin de mener un projet, se consacrer à ses passions en se retirant en tout ou partie du travail “classique”.

A moins de disposer d’un capital conséquent (voir règle de 25 fois vos dépenses annuelles), cet objectif ne semple pas aisé à atteindre. D’autant que la conjoncture économique et financière actuelle ne favorise pas l’épargnant. Après l’euthanasie du rentier par l’inflation, voilà l’épargnant confronté à des taux de rémunération très faibles pour les placements sans risque.

Dans ces conditions, comment le frugaliste peur mettre toutes les chances de don côté pour parvenir à la liberté financière, en prenant des risques modérés ?

Sommaire de l’article

Les placements financiers des ménages français

Durant l’ensemble de l’année 2019, la Banque de France a relevé une nette hausse des flux entrants vers les « produits de taux » incluant les dépôts sur comptes bancaires (rémunérés ou non) et l’assurance-vie en euros.

Graphique historique des placements des ménages français (2012-2019)
Source : Banque de France
Livret A
Archives AFP, Denis Charlet

Durant la période de confinement, les ménages ont eu, semble-t-il, plus de temps pour s’occuper de leurs placements. Les transactions dans l’immobilier physique étant gelées, un regain d’intérêt pour les actions aurait été noté par les courtiers et sociétés de gestion. Pour autant, l’épargne forcée de cette période (à hauteur de 40 % des revenus des Français)  a continué à alimenter les comptes de dépôts et le livret A (qui a battu des recors de collecte nette à 5,47 milliards d’euros en avril 2020 selon la Caisse des dépôts).

Ces placements « sûrs” ont préservé les épargnants des soubresauts de la bourse durant la « corona-crise » (jusqu’à 40 % de baisse entre la fin février et la mi-mars 2020).

Cours du CAC 40 entre décembre 2019 et mai 2020
Source : Boursorama

L’indice CAC 40 a perdu un peu plus de 40 % entre la fin février et la mi-mars, avant de reprendre une partie du terrain perdu.

Cependant, la mise à l’abri sur les comptes de dépôts ou dans un livret A ne constituent qu’une solution de court terme. D’une part parce qu’elle ne préserve pas le pouvoir d’achat du capital au regard de l’inflation. D’autre part car cela ne sera pas le moyen le plus rapide d’atteindre votre indépendance financière de frugaliste (à moins de disposer d’un capital très élevé).

Quels sont alors les placements à considérer dans votre perspective d’adepte du frugalisme ? Il convient dans un premier temps de passer en revue les différents types de placement ou classes d’actifs.

Qu’est-ce qu’une classe d’actifs ?

Une classe d’actif, c’est tout simplement un ensemble d’instruments financiers similaires. Un instrument financier, ou un actif financier, c’est un droit qui porte sur un actif sous-jacent. Cet actif sous-jacent peut être une entité, comme une entreprise ou un gouvernement, ou bien un actif réel, qui est un actif ayant une forme physique, comme un terrain, un bâtiment, ou de l’équipement.

Qu’est-ce qu’un droit ?

Prenons un exemple.

En acquérant des actions, un investisseur devient l’un des propriétaires d’une société. Cela lui donne des droits de vote, et droit à une part de tout bénéfice futur.

En achetant de la dette, un investisseur devient créditeur d’une entreprise ou d’un gouvernement.

En devenant créditeur, vous obtenez un droit sur actifs plus important que celui des actionnaires.

Autrement dit, en cas de faillite, le porteur d’obligations sera payé avant les actionnaires.

Dans le monde des actifs, on compte quatre classes principales d’actifs :

  • le marché monétaire, et les équivalents de trésorerie ;
  • les titres à revenu fixe, qui sont principalement des obligations,
  • les actions,
  • et les actifs alternatifs, une catégorie très vaste, qui englobe l’immobilier, les matières premières, et les actions non-côtés. De plus en plus, l’immobilier est considéré comme une classe d’actifs à part entière. Il peut prendre différentes formes : physique, pierre papier (SCPI), foncières cotées.

Il est généralement admis, en finance que, pour obtenir des rendements plus élevés, vous devez prendre plus de risques.

Le choix d’investissement sera fonction de votre horizon de temps (projet, âge), de votre aversion au risque et de votre intérêt pour telle ou telle classe d’actif (immobilier, actions par exemple).

Performances historiques comparées des différents actifs

Un regard dans le rétroviseur s’impose.

Les actions et l’immobilier : incontournables sur longue période

Dans le long terme les actions surperforment

J. Siegel

Dans le long terme nous sommes tous morts

J.M. Keynes

Sur le (très) long terme , les actions et l’immobilier ont surperformé les placements à revenus fixes (obligations et monétaire) mais aussi l’inflation. C’est ce qui a été observé en France comme aux Etats-Unis. Voici par exemple des données analysées par Jean-Francois de Laulanié dans son ouvrage Les Placements de l’Epargne à Long Terme.

Actifs France

Performance moyenne annuelle, revenus réinvestis, des différents actifs en France (en %)
PériodesActionsImmobilierObligationsMonétaireInflation
158 ans : 1857-20159,19,25,74,34,7
75 ans : 1940-201513,313,67,15,17,6
50 ans : 1965-201510,410,37,96,34,3
25 ans : 1990-20158,16,56,33,31,6
Sources ; J.F. de Laulanié, d’après Insee, G. Duon, Chambre des notaires, SBF et Euronext.

Etats-Unis

Performance moyenne annuelle, revenus réinvestis, des différents actifs aux Etats-Unis (en %)
PériodesActionsObligationsMonétaireInflation
144 ans : 1871-20158,65,14,72,1
75 ans : 1940-201510,95,14,43,8
50 ans  : 1965-20159,46,55,54,1
25 ans : 1990-20159,66,43,02,4
Sources ; J.F. de Laulanié, d’après US Department of Commerce et Standard & Poor’s.

Le graphique suivant confirme qu’un investissement dans l’indice S&P 500 (qui comprend des actions de grosses sociétés américaines), a surpassé un investissement dans des obligations du gouvernement Américain avec une échéance de 10 ans.

Graphique comparant les évolutions de l'indice S&P 500 et des obligations d'Etat américaines à 10 ans
Source : formation en ligne HEC, Axa

Ainsi, 1 $ investi en 1971 s’est transformé en presque 84 $ en 2015 pour le S&P500, contre environ 21$ pour les obligations.

Tenir compte de l’inflation

Pour votre projet de frugaliste, il est prudent de choisir des placements offrant une protection contre l’inflation (comme le font d’ailleurs les fonds de pension).

Sur les longues périodes, les actions et l’immobilier s’adaptent à la conjoncture économique et à l’inflation, permettant de préserver les pouvoir d’achat du capital initial.

Dans son ouvrage précédemment cité, JF. De Laulanié met en évidence que l’immobilier présente 80 % de chance d’offrir des performances supérieures à l’inflation après une détention de 5 ans. Les actions françaises dépassent ce seuil après une durée de 15 ans. Il note par ailleurs que les actions américaines ont une probabilité de 100 % de surperformer l’inflation à partir d’une durée de 20 ans de détention.

Probabilités de performances supérieures à l’inflation en fonction de la durée de détention

Tenir compte du change

Si vous investissez dans des actifs libellés en devises (dollar par exemple), il faudra garder à l’esprit que les variations des taux de changes ne seront pas négligeables au regard des performances de  certaines classes d’actifs (monétaires, obligations).

Ces investissements pourront contribuer à diversifier votre patrimoine. Il convient également de noter que certaines monnaies sont considérées comme pro-cycliques (elle tend à s’affaiblir lorsque les marchés baissent). C’est le cas par exemple du dollar canadien. D’autre au contraire ont un comportement contra-cyclique (car elles  sont considérées comme des valeurs refuge) : le dollar américain, le franc suisse.

Conjoncture économique et performances relatives

Le long terme, c’est un beau concept mais comment manœuvrer si votre projet nécessite des revenus dans les années qui viennent ? De plus, ce qui était valable hier l’est-il encore aujourd’hui ? Au cours des dernières années, les cours des obligations d’Etat ont flambé et leur rendement est très faible voire négatif. Dans ces conditions, il parait pertinent de tenir compte de la conjoncture pour poids relatifs des actifs.

CroissanceInflation 
ForteForteActions et immobilier surperforment
FaibleForteActions et immobilier surperforment
ForteFaiblePerformances souvent parallèles
FaibleFaibleObligations et monétaires surperforment
Source : J.F. de Laulanié

Depuis 2008, la situation économique française a été caractérisée le plus souvent par une croissance et une inflation faibles. Les actions de la banque centrale européenne, consistant à acheter massivement des obligations ont contribué à l’augmentation des cours des obligations (mais à un écrasement de leur rendement). Les performances des placements monétaires se sont par ailleurs révélées très faibles au cours des dernières années.

Conclusion

Pour horizon inférieur à 10 ans, l’investisseur frugaliste prudent pourra opter pour des placements comportant :

  • des valeurs à revenues variables (actions,  immobilier) ;
  • des valeurs à revenus fixes (obligations).

En première approche, une  proportion de 50 % – 50 % pourra être adoptée. Le curseur pourra toutefois être adapté à l’aversion au risque et à la conjoncture économique

Pour une durée supérieure à une dizaine d’année (retraite précoce), les placements du frugaliste seront essentiellement constitués d’actifs à revenus variables (immobiliers, actions). Les autres placements auront pour vocation de faire face à des imprévus ou de financer des projets (frugaux bien sûr).

Dans tous les cas, le frugaliste pourra utilement mettre en œuvre la méthode d’investissements par poche.