Enquêtes sur la santé au travail : ce qu’elles révèlent

La littérature sur les sujets du bien être et du mal être au travail est abondante. Les études et sondages le sont tout autant. Cependant, ces derniers peuvent se révéler contradictoires, comme le souligne l’article du Monde « Les salariés français démotivés, un mythe ? »

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Ainsi, selon un premier sondage mené à l’échelon européen, seuls 6 % des employés français s’affirment engagés au travail. Alors que dans le même temps, un cabinet de conseil indique que 74 % des salariés français déclarent avoir de l’intérêt pour leur travail.

Cet écart peut-il s’expliquer par des différences méthodologiques ? Qui croire ?

Pour aider à y voir plus clair, voici des enquêtes  qui paraissent solides, en raison de la nature des organismes et/ou de la taille des échantillons.

Enquête SUMER

Il s’agit de l’enquête de Surveillance médicale des expositions aux risques réalisée par  la Direction générale du travail, l’Inspection médicale du travail et la DARES.

C’est assurément l’une des sources statistiques les plus fiables car plus de 2 500 médecins ont été mobilisés et 75 000 salariés interrogés en 2016 et 2017.

Le questionnaire soumis aux salariés permet d’appréhender la “tension au travail”. Cette dernière apparait lorsqu’une forte charge psychologique est associée à une faible latitude décisionnelle.

Cette “tension” se stabilise à un niveau élevé en 2017, après avoir fortement augmenté (+ 3 points). A noter également que “La tension au travail augmente dans les secteurs qui étaient les moins exposés en 2010, comme l’agriculture et la construction, alors qu’elle diminue dans l’industrie, secteur le plus concerné en 2010″. Une situation qui est, rappellent les auteurs, “prédictive de la dépression, de troubles cardiovasculaires ou de troubles musculo-squelettiques“.

Bilan « Santé travail, enjeux & actions »

Dans cette publication de janvier 2018, l’assurance maladie indique que “plus de 10 000 affections psychiques ont été reconnues comme maladie professionnelle en 2016, soit 1,6 % des accidents du travail”. Des chiffres qui ne cessent d’augmenter. « Le nombre de cas reconnus a été multiplié par 7 en cinq ans », précise le rapport.

30 000 burn-out, 3,2 millions de personnes « en danger » d’épuisement pour l’année 2018. 400 suicides liés au travail. Plus de 4 000 infarctus directement dus au stress professionnel ».

Enquête du Cabinet Stimulus Conseil

En 2017, 24 % des 30 000 salariés interrogés par le cabinet Stimulus présentaient un état d’« hyper-stress » et 52 % un « niveau élevé d’anxiété ». Avec des conséquences loin d’être anodines : dépression, troubles musculo-squelettiques, maladies cardio-vasculaires…

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