Sortir de sa zone de confort pour devenir frugaliste

Sortir de sa zone de confort : un paradoxe ?

Qui n’a pas entendu parler de l’expression « zone de confort » et de l’injonction récurrente qui l’accompagne :  « en sortir ».  C’est la version moderne de « il ne faut pas se reposer sur ses lauriers » et on l’entend à longueur de journée dans les champs du management du développement personnel et parfois même de la philosophie.

Dans cette expression devenue  cliché, on peut déceler un peu de perfidie comme dans d’ailleurs dans d’autres expressions comme « le travail c’est la santé » ou encore « il faut souffrir pour être belle ».

Femme plongeant dans la mer depuis une falaise sous un coucher de soleil
Ça y est : elle est sortie de sa zone de confort !

Quelles idées ont derrière la tête ceux qui vous assènent cette injonction dans votre entourage professionnel, amical ou familial ? Si vous êtes à l’aise dans cet état, et que vous excellez dans votre domaine de compétence. Vouloir en sortir semble paradoxal. Dans le domaine du travail, la tendance a été à la division des tâches et à la spécialisation et aujourd’hui, on vous demande de sortir de votre zone de confort pour être plus polyvalent ? Encore des injonctions contradictoires !

Cette sortie implique un inconfort plus ou moins long. Alors, le jeu doit en valoir la chandelle. Alors, autant prendre ces risques pour un projet auquel vous adhérez, comme celui de devenir frugaliste.

Connaitre sa zone de confort

De quoi est faite ma zone de confort ?

Votre zone de confort est constitué de l’univers (familial, professionnel, amical) dans lequel vous vives en ce moment.

Chaise longue ergonomique
Ma zone de confort

C’est aussi ce que vous aimez faire, en particulier ce que vous faites durant vos loisirs, pour vous détendre. Elle correspond donc à vos aspirations.

L’appréciation du confort de votre état actuel peut diverger entre votre vision et celle du regard extérieur qui vous exprime l’injonction.

Vous êtes poussés vers la sortie de votre zone de confort

Pourquoi en sortir ?

La plupart des gens aspirent au confort et la société de consommation répond à cette attente. Alors pourquoi vouloir vous extirper de ce qui vous rassure et vous sécurise ? En première approche, cela parait paradoxal et même absurde.

Poisson rouge expulsé d'un verre d'eau
On vous pousse vers la sortie ?

L’idée sous-jacente est qu’y rester, c’est stagner, s’engluer et en sortir, c’est aller de l’avant  et progresser.

Selon certains théoriciens du management comme Alasdair White considèrent qu’une dose de stress est nécessaire pour maintenir un bon niveau de performances.

Comment en sortir ?

Vous êtes peut-être, dans un premier temps au moins, réceptifs à ces injonctions, avec la volonté de progresser. Mais en sortir se révèle plus compliqué que prévu. Tout d’abord, il s’agirait de repérer les contours de votre zone de confort avant de chercher à s’en extraire.

Famille d'oiseaux nichés dans une falaise
Sortir du nid, c’est risqué …

Mais pour que cette sortie soit validée, il convient de prendre des risques, tel le soldat qui sort à découvert sous le feu ennemi. En effet, pour qu’il se passe vraiment quelque chose, il faut que la sortie soit vraiment inconfortable. Avec quand même la perspective que cette action va déboucher sur quelque chose de bien (le soldat aura sa médaille …).

Cela vaut-il la peine d’en sortir ?

Le mieux, ennemi du bien ?

Tout d’abord, votre situation actuelle est-elle vraiment confortable ? Dans l’affirmative, il est prudent de soupeser les risques.

Escargot dans sa coquille
Je ne veux pas en sortir !

Devez-vous sacrifier un bien-être réel au profit d’un mieux-être potentiel ? Et pourquoi vouloir le mieux s’il doit passer par un mal-être (supposé transitoire).

Dans votre expérience, avez-vous vécu beaucoup de moments d’inconfort que vous auriez envie de revivre en vous disant que vraiment, ça valait le coup d’en baver ?

Le mieux en vaut-il vraiment la peine ?

Le courage d’y rester

Finalement, le plus courageux est peut-être dans certaines situations de rester dans sa zone de confort. Il faudra dans certains cas la défendre contre vents et marées et cela nécessitera pas mal d’efforts. Mais peut-être qu’un jour les experts du management nous exhorteront à y rester …

Tenter une sortie vers le frugalisme ?

Quitte à prendre le risque d’un malaise plus ou moins long pour sortir de cette zone de confort, autant que cela soit pour une cause qui vous tienne à cœur. Et pas forcément pour répondre à des injonctions extérieures ne prenant pas toujours en compte votre intérêt personnel.

Alors, pour sortir de votre supposée « zone de confort », pourquoi ne pas tenter le frugalisme ? Cette transition coche toutes les cases de la sortie de la zone de confort : effort, prise de risque, perspective d’une vie meilleure.

Effort car il s’agit d’un profond changement d’habitudes. En particulier, il vous faudra vous désensibiliser du cycle effort (travail) et réconfort (surconsommation). Vos efforts seront moins centrés sur le travail (votre objectif sera de lever le pied, voire d’abandonner votre activité professionnelle actuelle) que sur les sphères extra-professionnelles : familles, loisirs, causes à défendre, …

La prise de risque est bien entendue présente : prendre du recul avec le travail « classique » provoque généralement une baisse de revenu. Atteindre l’indépendance financière demandera des efforts, voire des sacrifices. Par ailleurs, le mode de vie frugaliste associe toute la famille à l’aventure.

La perspective du mieux-être réside dans la liberté accrue permise par la sortie du cycle infernal metro-boulot-dodo-conso. Plus de temps pour soi, pour mener à bien des projets sans cesse différés.

Pour certains, ce projet apparaîtra comme une chimère. Peut-être. Mais a-t-il moins de valeur qu’une injonction à sortir de sa zone de confort pour gagner en polyvalence ou en productivité dans un « bullshit job » ?

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